Nouakchott, Mauritanie – 13 février 2026
Sous le Haut Patronage de Son Excellence le Président de la République Islamique de Mauritanie, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et sous l’égide du Forum d’Abou Dhabi pour la Paix, présidé par Son Éminence le Cheikh Abdallah bin Bayyah, se sont tenus les travaux de la 6ème Conférence Africaine pour la Promotion de la Paix à Nouakchott. Organisé en coopération avec le Gouvernement Mauritanien et avec le soutien des Émirats Arabes Unis, cet événement s'est déroulé au Palais des Congrès « Al-Mourabitoun » du 10 au 12 février 2026, sous le thème : « L'Afrique et la Fabrique de l'Espoir : Point de désespoir de la miséricorde d'Allah ».
Ce forum a réuni une élite de dirigeants mondiaux, comprenant des ministres, des hauts responsables, des dignitaires religieux, des intellectuels et des chercheurs venus des quatre coins du monde et de toutes les régions d'Afrique. Le Centre Africain de Recherches et d'Études Stratégiques (ACRESS) a marqué une participation distinguée à travers une communication stratégique présentée par la Docteure Ghada Fouad, Directrice du Centre, portant sur les défis hydropolitiques et les enjeux de la sécurité hydrique sur le continent africain.
La Docteure Ghada Fouad est intervenue en tant que conférencière principale lors de la septième session intitulée « Économies de l'espoir : Développement durable et sécurité hydrique », présidée par le Docteur Mohamed Mahjoub bin Bayyah, chercheur au Forum d’Abou Dhabi pour la Paix.
Le paradoxe de la pauvreté hydrique économique en Afrique
Dans son exposé intitulé « Guerres de l'eau en Afrique : comment la pénurie d'eau alimente les conflits dans nos États », la Docteure Ghada Fouad a analysé la réalité des ressources hydriques du continent, déconstruisant la problématique de la pénurie d'eau en Afrique. Elle a précisé que certains pays disposent d'une abondance de ressources mais souffrent de « pauvreté hydrique économique ». Elle a souligné que des pays comme la République Démocratique du Congo et l'Éthiopie illustrent cette incapacité à exploiter l'abondance naturelle, ce qui pousse certains États, notamment l'Éthiopie, à tenter d'imposer un nouveau statu quo par des projets unilatéraux nuisant aux populations des pays d'aval (l'Égypte, le Soudan et la Somalie, à travers les fleuves internationaux partagés).
La sécurité hydrique : entre concept scientifique et souveraineté politique
La Directrice de l'ACRESS a défini la sécurité hydrique sous deux angles : l'un scientifique, lié à l'abondance et à la qualité de l'eau ; l'autre politique, lié à la « Souveraineté Hydrique » et à la capacité de l'État à protéger ses ressources contre les menaces extérieures. Elle a mis en garde contre l'utilisation de l'eau comme levier de pression géopolitique par les pays d'amont, insistant sur la nécessité d'instaurer un équilibre dans les rapports de force (Hydropolitique) via des accords juridiques contraignants qui empêchent les pays d'amont de monopoliser les décisions relatives à l'eau, tout en garantissant les droits des pays d'aval.
Risques existentiels liés à l'eau en Afrique
Dans son document de recherche, la Docteure Ghada Fouad a identifié trois risques majeurs menaçant les fleuves et les eaux douces sur le continent :
- L'obstination politique : La gestion unilatérale des fleuves partagés par les pays d'amont, au détriment des intérêts et des besoins vitaux des populations d'aval.
- La négligence et la pollution des fleuves : Sources de conflits découlant de la dégradation de la qualité de l'eau (exemples du fleuve Congo et du fleuve Chari au Tchad).
- Le changement climatique : Son impact direct sur la réduction des débits fluviaux (exemple du fleuve Zambèze).
Étude de cas : Les risques du Barrage de la Renaissance (GERD)
La Docteure Fouad a alerté sur les conséquences négatives de la gestion unilatérale du Barrage de la Renaissance et des barrages éthiopiens, détaillant les risques suivants :
- À court terme : Les opérations de décharge non coordonnées en novembre 2025 ont provoqué des inondations, entraînant l'immersion d'habitations et de cultures en Égypte et au Soudan.
- À moyen terme : Menace sur la sécurité alimentaire égyptienne et soudanaise en raison de l'absence de gestion conjointe et de transparence.
- À long terme (risques géologiques existentiels) : Elle a mis en garde contre un risque tectonique consistant en l'accélération de la fracture de la « Vallée du Grand Rift » sous la pression hydrique des barrages. Elle a cité des preuves scientifiques récentes, notamment l'éruption du volcan « Hayli Gubbi » dans la région de l'Afar (novembre 2025) après des millénaires d'inactivité, ce qui renforce les craintes sur la fragilité de la lithosphère et menace la paix et la vie des populations en Afrique de l'Est et du Nord.
En conclusion, la Docteure Ghada Fouad a affirmé que la gestion unilatérale des projets par les pays d'amont constitue un péril environnemental et géopolitique nécessitant une action internationale pour imposer des règles de gestion partagée et de transparence, afin de protéger l'avenir du développement et de la croissance économique en Afrique.
Pour visionner l'intervention du Dr Ghada Fouad lors de la conférence, cliquez sur le lien suivant :
https://www.youtube.com/watch?v=851XH3Tq-1w
