Œil sur l’Afrique n°18

Œil sur l’Afrique n°18

Œil sur l’Afrique du 11-18 juillet 2025 corige

Par: Ibraheem Kieta

Sahel : le président du Burundi nommé envoyé spécial de l’UA

Vendredi 18 juillet 2025

L’Union africaine vient de nommer le président burundais, Évariste Ndayishimiye, envoyé spécial pour le Sahel. Le 17 juillet, le président de la Commission de l’Union africaine (UA) annonçait la nomination de l’actuel président burundais en tant qu’envoyé spécial de l’Union africaine pour la région du Sahel.

Dans un communiqué, le président de l’Union africaine a exprimé sa profonde gratitude au président Évariste Ndayishimiye pour avoir accepté cette mission politique stratégique au service de l’intérêt collectif de l’Union. Il a également affirmé sa pleine confiance en sa capacité à promouvoir la vision de l’Union grâce à son leadership remarquable.

Pour le président en exercice de l’Union africaine, l’Angolais João Lourenço, la nomination d’Évariste Ndayishimiye « sera le fer de lance du soutien diplomatique renouvelé de l’UA et des efforts de collaboration pour relever les défis sécuritaires et humanitaires du Sahel ». Les allusions à un hypothétique retour aux processus démocratiques seraient donc passées à la trappe, au bénéfice de questions réputées aller au-delà de la politique politicienne : l’insécurité et la situation sociale des populations affectées.

Le mandat confié au chef d’État burundais inclut le renforcement de la coopération avec les autorités gouvernementales, les leaders d’opinion, les acteurs concernés, les organisations régionales, la société civile et l’ensemble des parties prenantes, en vue de promouvoir le dialogue, de favoriser le consensus et de soutenir des stratégies globales en faveur de la paix et de la stabilité durables dans la région du Sahel.

 Le président du Burundi est le deuxième chef d’État nommé par l’UA pour gérer une crise, après le président togolais pour l’est de la RDC.

Source : Jeune Afrique

Le président gabonais annonce la fin des bourses d'études vers les États-Unis et le Canada dès 2026

Vendredi 18 juillet 2025

Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé, début juillet 2025, la suspension, dès l’année 2026, des bourses d’études accordées aux étudiants souhaitant poursuivre leur cursus supérieur aux États-Unis et au Canada. Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre officielle avec la diaspora gabonaise aux États-Unis, en marge du mini-sommet USA–Afrique dirigé par le président américain Donald Trump.

Cette mesure s’inscrit dans une volonté ferme de réforme budgétaire et de rationalisation des dépenses publiques. Le chef de l’État a justifié cette décision par le coût jugé excessif des études dans les pays occidentaux et l'inefficacité de ces investissements. Il a affirmé : « Les études coûtent cher et ceux qui viennent ici ne reviennent jamais. » Il estime que ces bourses ne profitent pas au pays, car une majorité des diplômés choisit de rester en Amérique du Nord, où les opportunités salariales sont plus attractives.

D’après les chiffres, l’envoi d’étudiants gabonais à l’étranger représente chaque année entre 30 et 80 millions de dollars, un poids financier qui ne génère pas de bénéfices concrets pour le Gabon, d’après le président Oligui Nguema. « On préfère donner la bourse à des étudiants qui vont au Sénégal, au Ghana, au Maroc, parce qu’on sait qu’ils vont revenir », a-t-il expliqué.

Cette orientation ne signifie pas la fin des bourses à l’international, mais leur redirection vers des pays africains où les conditions de retour au pays sont meilleures. Le président a ajouté que le manque d’opportunités économiques au Gabon pousse les diplômés à rester à l’étranger et que cette tendance doit être inversée si le pays veut tirer profit de ses investissements en éducation.

En 2024, le gouvernement gabonais avait alloué près de 92 milliards de francs CFA aux bourses scolaires et universitaires.

Le président a également critiqué les cas de double nationalité parmi les étudiants, indiquant que cela affaiblit l’attachement au pays et ouvre la voie à une perte de compétences stratégiques pour le Gabon.
Le président gabonais a invité les familles à adapter les choix académiques de leurs enfants : « Si vous avez des enfants, orientez-les vers le Sénégal, le Ghana ou le Maroc. Ils auront des bourses, et ils reviendront. » Une ligne de conduite désormais officielle dans la politique éducative du Gabon.

Source : RT

Cameroun : Paul Biya remanie des hauts gradés de l'armée avant les élections

Jeudi 17 juillet 2025

Le président camerounais Paul Biya, a procédé à un remaniement de la haute hiérarchie militaire.

Ils comprennent la nomination de nouveaux chefs d'état-major pour l'infanterie, l'armée de l'air et la marine, ainsi que la promotion de huit généraux de brigade au grade de général de division. Les décrets ont également nommé un nouveau conseiller militaire spécial du président.

Ces changements touchent presque toutes les branches des forces armées.

Cette mesure intervient à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre prochain, et deux jours après que le chef d’état a annoncé sa candidature à un huitième mandat.

A noter que le dernier remaniement militaire majeur au Cameroun a eu lieu l’année dernière, peu de temps après le retour du président Biya d’un long séjour à l’étranger, en octobre.

Source : Africanews.

Gabon : le Commonwealth lève sa suspension partielle après 22 mois

Jeudi 17 juillet 2025

Le 15 juillet 2025, le Gabon a officiellement retrouvé son statut de membre à part entière du Commonwealth, moins de deux ans après sa suspension partielle intervenue en septembre 2023.

Réuni en session extraordinaire, le Groupe d’action ministériel du Commonwealth (CMAG) a levé la sanction, saluant « le retour à l’ordre constitutionnel » et « l’élection présidentielle crédible du 12 avril ». Cette dernière a été jugée inclusive et transparente par les observateurs du Commonwealth.

Le rétablissement du Gabon au sein de l’organisation s’appuie sur plusieurs évolutions majeures. En tête, l’adoption d’une nouvelle Constitution, validée par référendum, qui a instauré la Cinquième République. Les autorités de transition ont également transmis un mémorandum mettant en avant ces avancées et la tenue prochaine des élections législatives et locales.

Le président de la transition, et l’actuel chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a salué une « reconnaissance internationale du chemin parcouru », affirmant que « le Gabon fait pleinement son retour dans la famille du Commonwealth ».

En parallèle, le Gabon a également été réintégré à la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et à l’Union africaine, renforçant ainsi sa réhabilitation sur la scène diplomatique continentale et internationale.

Source : Africanews.

 G20 : l’Afrique du Sud plaide pour une « revitalisation du multilatéralisme »

Jeudi 17 juillet 2025

Au G20 l’Afrique du Sud a estimé, jeudi 17 juillet, que les perspectives de croissance étaient menacées, notamment, par les « barrières commerciales » et les « nouveaux risques géopolitiques », plaidant pour une revitalisation du multilatéralisme. Pretoria a fait de la soutenabilité de la dette et de la résilience climatique pour les pays en développement une priorité de sa présidence.

« Nous avons un rôle essentiel à jouer dans la revitalisation et le renforcement du multilatéralisme (…) en encourageant une action collective face aux défis mondiaux qu’aucun pays ne peut résoudre seul », a souligné le ministre des finances sud-africain, Enoch Godongwana.

Mais ces objectifs sont largement éclipsés par le bouleversement des règles du jeu mondial imposé par le président américain, Donald Trump. Et la tâche de la présidence sud-africaine est rendue d’autant plus délicate que l’administration Trump a multiplié les attaques contre le gouvernement de Pretoria concernant une prétendue « persécution » des fermiers blancs.

L’Afrique du Sud, visée par des surtaxes douanières américaines de 30 % qui doivent entrer en vigueur le 1er août, est affectée, comme d’autres pays du continent, par les coupes drastiques des aides américaines au développement.

Le G20, composé de 19 pays et de deux organisations régionales (l’Union européenne et l’Union africaine), représente plus de 80 % du produit intérieur brut mondial.

Source : Le Monde avec AFP

 La France met fin à sa présence militaire permanente en Afrique de l’Ouest

Jeudi 17 juillet 2025

Les dernières installations militaires françaises au Sénégal ont et officiellement restituées à ce pays, jeudi 17 juillet au matin, lors d’une cérémonie historique à Dakar, qui marquera la fin de la présence permanente de l’armée française, non seulement au Sénégal (où elle est présente depuis l’indépendance, en 1960), mais plus globalement en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Depuis 2022, l’armée française a, en effet, mis fin à sa présence permanente au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad et au Gabon, où sa base s’est muée en « camp partagé » gabono-français axé sur la formation.

Le camp Geille, plus grande installation militaire française au Sénégal (située dans la capitale), et l’escale aéronautique militaire (située à l’aéroport) doivent être restitués à l’Etat sénégalais, jeudi, lors d’une cérémonie en présence du général Mbaye Cissé, chef d’état-major des armées du Sénégal, et du général Pascal Ianni, à la tête du commandement de l’armée française pour l’Afrique. Ce jour marque la fin officielle des éléments français au Sénégal (EFS), qui comprenaient environ 350 militaires ayant pour mission principale de conduire des activités de partenariat militaire opérationnel avec les forces armées sénégalaises.

La présence militaire française au Sénégal reposait depuis 1960 sur des accords de défense et de coopération bilatéraux, avec un « appui à construction » de l’armée sénégalaise entre 1960 et 1974.

Après son indépendance, le Sénégal était resté l’un des alliés africains les plus sûrs de la France, ancienne puissance coloniale dominante en Afrique de l’Ouest.

Mais les nouveaux dirigeants en fonctions depuis avril 2024 ont promis de traiter désormais la France à l’égal des autres partenaires étrangers.

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, avait annoncé en novembre 2024 la fin de toute présence militaire française et étrangère sur le sol national en 2025. « Le Sénégal est un pays indépendant, c’est un pays souverain et la souveraineté ne s’accommode pas de la présence de bases militaires dans un pays souverain », avait-il déclaré. M. Faye avait assuré qu’il ne s’agissait pas d’un acte de « rupture » et avait défendu un « partenariat rénové » avec l’ancienne puissance coloniale.

Le retrait français du Sénégal s’est fait dans la concertation.

Source : Le Monde avec AFP

 Togo: les élections municipales se déroulent dans le calme après de récentes manifestations

Jeudi 17 juillet 2025

Les Togolais étaient appelés aux urnes, jeudi 17 juillet, pour des élections municipales.

Les rues de la capitale, Lomé, étaient calmes jeudi, tout comme la veille, malgré l’appel à manifester lancé pour ces deux journées par des blogueurs et artistes. Ces derniers réclament un changement de pouvoir et dénoncent la récente réforme constitutionnelle ayant consolidé le pouvoir de Faure Gnassingbé, à la tête du pays depuis vingt ans. Des forces de l’ordre étaient déployées sur les principaux carrefours et les frontières terrestres devaient rester fermées toute la journée, déclarée fériée, comme lors de chaque scrutin.

La plupart des bureaux de vote ont ouvert comme prévu à 7 heures, mais les électeurs s’y rendaient au compte-gouttes, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).

Pour ces troisièmes élections municipales de l’histoire du Togo, 1 527 conseillers municipaux doivent être élus parmi 500 listes de partis politiques dans les 117 communes du pays. Ils éliront à leur tour les maires.

Plusieurs des principaux partis politiques d’opposition, dont l’Alliance nationale pour le changement, ont pris part aux élections municipales après avoir boycotté les élections sénatoriales, en février, pour protester contre la nouvelle Constitution.

Les dernières municipales remontent à juin 2019, trente-deux ans après les précédentes, en raison de plusieurs crises politiques.

A noter qu’avant 1987, il n’y avait pas d’élections municipales au Togo.

Le pays a connu des vagues de manifestations massives contre le pouvoir, notamment en 2005, année de l’élection de Faure Gnassingbé, puis en 2013 et entre 2017 et 2018.

Source : Le Monde avec AFP 

Mali : l’ancien Premier ministre Moussa Mara entendu par la justice

Jeudi 17 juillet 2025

Au Mali, l’ancien Premier ministre Moussa Mara, a été convoqué mercredi 16 juillet à la Brigade d’Investigation Judiciaire (BIJ) à Bamako.

Cette convocation fait suite à un message publié le 4 juillet dernier sur les réseaux sociaux, dans lequel Moussa Mara affirmait avoir rendu visite en prison à plusieurs personnalités politiques et figures de la société civile emprisonnées.

Parmi ces détenus, figurent des voix critiques, qualifiés de « prisonniers d’opinion » par leurs soutiens. Moussa Mara a également écrit dans son message : « Aussi longtemps que dure la nuit, le soleil finira par apparaître ! » et a promis de se battre « par tous les moyens » pour faire avancer leur cause.

Ces propos ont attiré l’attention du procureur général et du pôle judiciaire anti-cybercriminalité. Mardi, Moussa Mara a déjà été interrogé plusieurs heures avant d’être autorisé à rentrer chez lui. L’audition s’est poursuivie jeudi.

Pour l’heure, Moussa Mara n’est pas formellement accusé.

Source : Africanews

 Guinée : L’opposition rejette le projet de Constitution favorable à une candidature du chef de la junte

Jeudi 16 juillet 2025

L’opposition en Guinée a affirmé lundi 14 juillet rejeter le projet de Constitution devant être soumis à un référendum fin septembre par la junte qu’elle accuse d’un revirement permettant une candidature de son chef aux élections.

Ce projet de Constitution a été présenté le 26 juin au général Mamadi Doumbouya, chef de la junte qui a renversé en septembre 2021 le président Alpha Condé, qui était au pouvoir depuis plus de dix ans.

Ce texte doit ouvrir la voie à un retour à l’ordre constitutionnel promis par les militaires.

Les Forces vives de Guinée (FVG), une coalition des principaux partis, de syndicats et d’organisations non gouvernementales qui réclame un retour des civils au pouvoir, « constatent avec regret la non-reconduction » de dispositions de la charte de transition sur les candidatures, dans un communiqué publié lundi.

Ces dispositions indiquent que le président et les responsables de la junte « ne peuvent faire acte de candidature ni aux élections nationales ni aux élections locales. La junte et le CNT [le Parlement de transition] ont décidé [de les] éliminer » dans le nouveau texte, fait savoir ce communiqué. Ce projet de Constitution n’a dès lors « pour seul objectif que de satisfaire le désir du [général] Mamadi Doumbouya de se présenter aux prochaines élections », selon les FVG, qui « rejettent catégoriquement » ce projet.

Plusieurs personnalités du pouvoir ont fait publiquement part ces derniers mois de leur soutien à une candidature du général Doumbouya, malgré sa promesse initiale de ne pas se présenter à une future élection présidentielle. Le projet de Constitution prévoit, en outre, de faire passer la durée du mandat présidentiel de cinq ans à sept ans, renouvelable une fois.

Les militaires, qui ont pris le pouvoir en 2021, s’étaient initialement engagés à organiser un référendum constitutionnel et à transférer le pouvoir à des civils élus avant la fin de 2024, mais ces échéances n’ont pas été respectées. La junte a annoncé, au début d’avril, l’organisation d’un référendum sur une nouvelle Constitution le 21 septembre2025.

Source : Le Monde avec AFP

Ethiopie : plus de 80 membres présumés de l’organisation Etat islamique arrêtés

Jeudi 16 juillet 2025

Plus de 80 membres présumés de l’organisation Etat islamique (EI) qui voulaient mener une « mission terroriste » ont été arrêtés en Ethiopie, a annoncé, mardi 15 juillet au soir, un média d’Etat éthiopien (Fana Media Corporation).

Selon Fana Media Corporation, qui s’appuie sur un communiqué du service national du renseignement et de la sécurité (NISS), les 82 suspects ont été formés au Puntland, une région somalienne frontalière avec l’Ethiopie.

Les membres présumés de l’EI « déployés dans différentes régions d’Ethiopie, ont été identifiés et arrêtés grâce à la coordination de la police fédérale éthiopienne et des forces de sécurité régionales », selon Fana, qui n’a pas donné de détail sur leur nationalité.

Certains suspects, qui apportaient un soutien financier ou logistique et qui voulaient mener une « mission terroriste », ont été arrêtés dans la capitale, Addis-Abeba, et dans plusieurs régions du pays.

La Somalie, qui partage une longue frontière avec l’Ethiopie, subit depuis des mois une résurgence des attentats des rebelles islamistes chabab (dont les militants sont liés à Al-Qaida), lesquels multiplient les avancées.

Les deux voisins de la Corne de l’Afrique entretiennent depuis des mois des relations en dents de scie après qu’Addis-Abeba a annoncé, en janvier 2024, un accord avec la région séparatiste du Somaliland, ce qui a provoqué l’ire de Mogadiscio et fait peser le risque d’une déstabilisation de la région.

Les relations entre la Somalie et l’Ethiopie se sont, depuis, normalisées. L’Ethiopie intervient dans le cadre de la Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (Aussom) contre les Chabab.

Source : Le Monde avec AFP

 Sénégal : le chef de l’État se défend de tout conflit avec son premier ministre

Mardi 15 juillet 2025

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, se défend de tout conflit avec son premier ministre, Ousmane Sonko, son allié de longue date, qui l’a ouvertement critiqué la semaine dernière. M. Sonko, également chef du parti au pouvoir, le Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité), a reproché au président Faye son présumé manque de soutien face aux « attaques » dont il dit faire l’objet de la part, notamment, d’opposants et d’activistes et avait dénoncé un « problème d’autorité » au Sénégal, lors d’une réunion de son parti à Dakar le 10 juillet.

« Des divergences avec le premier ministre ? Non. [M. Sonko] l’a dit. Il est mon ami. Je n’ai aucun conflit avec lui. Je souhaite continuer à m’appesantir sur ce que les Sénégalais attendent de nous, en mettant l’accent sur les solutions à apporter à leurs difficultés, a déclaré M. Faye lundi soir à la télévision publique. Le seul combat qui vaille est le combat contre les difficultés que les Sénégalais endurent. »

MM. Faye et Sonko sont des compagnons de longue date et ont tous les deux été emprisonnés sous le régime de l’ancien président Macky Sall (2012-2024). M. Sonko, figure dominante de la politique sénégalaise ces dernières années, a été nommé premier ministre en avril 2024, au lendemain de la victoire de son second et bras droit Bassirou Diomaye Faye à la présidentielle, qu’il avait fait élire après que sa propre candidature a été invalidée.

Depuis son arrivée au pouvoir, le duo a prôné le souverainisme et le panafricanisme. Mais les nouvelles autorités affirment que leur action politique est limitée par l’état « catastrophique » dans lequel elles disent avoir trouvé le pays.

Le chef de l’Etat s’est exprimé en recevant un rapport issu d’une concertation nationale pour réformer le système politique et à « consolider la démocratie » dans le pays. Il a annoncé qu’un comité sera créé pour la mise en œuvre des recommandations de ce rapport. La rencontre nationale avait en mai réuni des partis politiques, des membres de la société civile, des syndicats, des experts et des universitaires.

Plusieurs thématiques, comme la rationalisation des partis politiques ou le statut de l’opposition, la révision du système de parrainage nécessaire pour être candidat à la présidentielle et la transformation du Conseil constitutionnel en Cours constitutionnelle, avaient été débattues.

La concertation avait été boycottée par quelques partis de l’opposition, dont celui de l’ancien président Maki Sall, qui accuse le pouvoir de s’acharner contre ses responsables et de restreindre les voix divergentes.

Source : Le Monde avec AFP

 Le Kenya supprime les visas pour les Africains, sauf la Libye et la Somalie

Lundi 14 juillet 2025

Le Kenya a supprimé officiellement l'obligation de visa pour tous les pays d'Afrique sauf la Libye et la Somali qui présentent des risques pour la sécurité, selon le gouvernement.

Les visiteurs africains pourront dorénavant rester au Kenya jusqu'à deux mois, tandis que les ressortissants de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE) bénéficient d'un séjour de six mois conformément aux protocoles de libre circulation existants au sein de la CAE.

Selon le cabinet, cette décision permettra au Kenya de soutenir les politiques de ciel ouvert et d'encourager la croissance du secteur touristique.

Source : Africanews.

 Soudan : El-Fasher assiégée depuis quinze mois par les forces paramilitaires du général Hemedti

Lundi 14 juillet 2025

Au Soudan, la ville d’El-Fasher, capitale de la province du Darfour du Nord, est assiégée, depuis maintenant quinze mois, par les forces paramilitaires du général Hemedti. L’armée soudanaise a repoussé une nouvelle offensive des Forces de soutien rapide (FSR), la 220ᵉ offensive, selon l’armée régulière.

L'armée et les paramilitaires mènent des combats acharnés pour le contrôle de cette dernière grande ville du Darfour qui est encore sous le contrôle de l’armée soudanaise.

Ainsi, les Forces de soutien rapide ont lancé, vendredi 11 juillet, une nouvelle offensive sur El-Fasher.  Après sept heures de combats, ils ont pris le contrôle de plusieurs lieux : un marché à bestiaux ; la prison de Challa et une base militaire, situées au sud-ouest de la ville.

Samedi matin, l’armée soudanaise a lancé une contre-offensive et repoussé les FSR en dehors de la ville, affirmant leur avoir infligé d’importantes pertes.

Depuis des mois, El-Fasher vit au rythme des bombardements, des attaques et contre-attaques. Cette ville de près de 2 millions d’habitants – au début de la guerre au Soudan – qui avait accueilli de nombreux déplacés, fuyant les combats dans la région, est devenue le centre d’une violente bataille entre paramilitaires et armée régulière. À ce jour, une partie de sa population a fui, les hôpitaux ont été détruits et des convois humanitaires attaqués.

L'accès à l'aide humanitaire est désormais presque totalement bloqué. Selon l’ONU, près de 40 % des enfants âgés de moins de cinq ans vivant toujours à El-Fasher, souffrent de malnutrition aiguë, et il y a quelques mois, l’état de famine y a d’ailleurs été officiellement déclaré.

Source : RFI

 Les dirigeants africains tiennent la septième réunion de coordination semestrielle de l’Union africaine à Malabo

Dimanche 13 juillet 2025

Les chefs d’État et de gouvernement se sont réunis le 13 juillet 2025 au Centre de conférences de Sipopo à Malabo, en Guinée équatoriale, à l’occasion de la 7e Réunion de coordination semestrielle de l’Union africaine.

La rencontre a été présidée par Son Excellence M. João Lourenço, Président de la République d’Angola et Président en exercice de l’Union africaine, en présence de Son Excellence M. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Président de la République de Guinée équatoriale, de S.E. M. Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine, de S.E. M. Abdel Fattah al-Sissi, Président de la République arabe d’Égypte, ainsi que de représentants des États membres de l’Union africaine, de ministres des Affaires étrangères, de commissaires de l’Union africaine, de personnalités de haut rang et d’invités de marque.

Dans son allocution, le Président de la Commission de l’Union africaine a souligné l’importance stratégique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et de la transformation numérique comme piliers de l’agenda de développement du continent. Il a rappelé que la ZLECAf constitue un levier central pour le renforcement du commerce intra-africain, avec une prévision de croissance de plus de 50 % d’ici 2035.

Il a également déclaré :

« La transformation numérique est essentielle pour accroître la productivité dans les secteurs clés de nos économies. Des pays comme le Rwanda, le Kenya, le Ghana et le Nigeria enregistrent déjà des retombées positives grâce à l’adoption de l’innovation numérique. »

Les travaux de la réunion ont porté sur l’examen de l’état d’avancement de l’intégration régionale et continentale, à travers la présentation de divers rapports mettant en évidence les progrès réalisés dans les domaines stratégiques de l’intégration : gouvernance politique, économie, infrastructures et développement humain.

Les dirigeants africains ont insisté sur la nécessité d’accélérer l’intégration continentale et de favoriser une prospérité collective, en s’appuyant sur les conclusions du Rapport 2025 sur l’intégration régionale en Afrique, fondé sur l’Indice synthétique d’intégration régionale en Afrique (ASRII).

Tout en saluant les progrès enregistrés en matière de libre circulation des personnes, des biens et des services, ainsi que les efforts de coordination macroéconomique, les chefs d’État ont exprimé leurs préoccupations quant à la performance globale encore insuffisante de l’intégration continentale, telle que soulignée dans le rapport.

Source : Union africaine

Centrafrique : les élections locales législatives et présidentielle reportées

Dimanche 13 juillet 2025

En Centrafrique, les élections locales et municipales sont à nouveau reportées. L'annonce a été faite par le premier ministre Félix Moloua lors d'une réunion du comité stratégique d'appui au processus électoral, constitué des partenaires techniques, financiers et sécuritaires. Initialement prévu le 31 août, ce scrutin sera finalement couplé avec les élections législatives et présidentielle prévues en décembre 2025.

Selon le gouvernement de Centrafrique, ce report est non seulement dû au retard accusé dans la mobilisation de fonds, mais aussi à des aspects techniques et organisationnelles.

Les opposants réunis au sein du Bloc Républicain pour la Défense de la constitution (BRDC) demandent la refonte de l'Autorité nationale des élections qu'elle juge incompétente d'organiser des élections crédibles et transparentes. Son porte-parole Martin Ziguélé lance un appel au dialogue : « La bonne démarche, c'est ce que le BRDC a toujours dit : il faut organiser un dialogue avec le président Touadéra pour remettre en place l'ensemble des questions politiques qui empêchent le bon déroulement du processus électoral afin de mettre en place un processus électoral crédible, inclusif et efficace. »

A noter que depuis 40 ans, aucune élection locale n'a été organisée en République centrafricaine.

Source : RFI

 Le Burkina Faso et le Niger élus pour un mandat de 3 ans au Conseil de la FAO

Vendredi 11 juillet 2025

Le ministère burkinabè des Affaires Étrangères a fait savoir par voie de communiqué rendu public sur sa page officielle Facebook que le Burkina Faso et le Niger avaient pris part à la 44e session de la Conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), qui s'est tenue du 28 juin au 4 juillet 2025 à Rome en Italie, et qu'ils avaient été élus au Conseil de la FAO. 

« Les deux pays, qui avaient présenté une candidature conjointe, ont été élus pour un mandat de trois ans », a déclaré la diplomatie burkinabè, ajoutant que « suivant la procédure, le Niger siègera au Conseil pour la période de juillet 2025 au 31 décembre 2026 et le Burkina Faso du 1er janvier 2027 au 30 juin 2028 ».

Plusieurs sujets ont été examinés dans le cadre de cette 44e session de la Conférence de la FAO. Outre les deux propositions d’amendement des textes fondamentaux de l’Organisation, les discussions ont abordé la question de l’élection du Président indépendant du Conseil, du Plan à moyen terme 2026-2029, du Programme de travail et du budget 2026-2027, du Cadre stratégique 2022-2031 révisé, de la 80e proposition d’amendement des textes fondamentaux de la FAO et de la situation de l’alimentation et de l’agriculture, a détaillé le communiqué.
source : RT

 Mali : Une loi accorde un mandat illimité au président de la junte

Vendredi 11 juillet 2025

Le chef de la junte au pouvoir au Mali, le général Assimi Goïta, a promulgué la loi lui accordant un mandat de cinq ans renouvelable sans élection et est ainsi devenu président de la République du Mali.

Le régime militaire lui a accordé la semaine passée un mandat de président de cinq ans, renouvelable « autant de fois que nécessaire » et sans élection. La promulgation de la loi, attendue depuis plusieurs jours et annoncée jeudi 11 juillet dans un document diffusé sur les réseaux sociaux, authentifié de source officielle, maintient donc M. Goïta à la tête de l'État jusqu'à au moins 2030.

« Le Président veille au respect de la Constitution et de la Charte de la Transition. Il remplit les fonctions de Chef de l’État pour une durée de cinq ans renouvelables, autant de fois que nécessaire, jusqu’à la pacification du pays, à compter de la promulgation de la présente Charte », selon la loi. La durée peut être toutefois « écourtée dès que les conditions permettant l’organisation d’une élection présidentielle transparente et apaisée sont réunies », précise le texte.

Le président de la transition, les membres du gouvernement et les membres de l’organe législatif installé par les militaires sont éligibles à l’élection présidentielle et aux élections générales, ajoute le document.

Arrivés au pouvoir au Mali à la suite de deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, les militaires s’étaient engagés à remettre le pouvoir aux civils au plus tard en mars 2024, mais ont depuis manqué à leur promesse.

La junte dirigée par le général Assimi Goïta a en effet annoncé la dissolution des formations politiques et des organisations à caractère politique dans le pays. Leurs membres ont également été interdits de réunion par les militaires.

Le Mali est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire meurtrière, nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique (EI).

Source : Le Figaro avec AFP

 Mali : Washington « renoue » le dialogue avec Bamako sur les questions de défense

Vendredi 11 juillet 2025

Le conseiller de Donald Trump pour la lutte antiterroriste, Rudy Atallah, s'est rendu au Mali où il a été reçu par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop.

« Nous avons des équipements adéquats, des connaissances et des forces », a déclaré Rudy Atallah, directeur adjoint principal de la lutte contre le terrorisme au Conseil de Sécurité nationale à la Maison Blanche. « Si le Mali décide de travailler avec nous, on saura comment faire face à la menace terroriste ».

Suspendue après le second coup d'État militaire de 2021 – qui avait marqué un durcissement de la Transition et, selon certains analystes, précipité le rapprochement du Mali et de la Russie –, la coopération militaire américaine au Mali relevait jusqu'alors essentiellement de la formation des soldats maliens, selon les précisions apportées à RFI par l'ambassade des États-Unis à Bamako.

Le communiqué du ministère malien des Affaires étrangères se félicite du « dialogue politique rénové et constructif » ainsi « renoué » avec les États-Unis. Durant les échanges, selon le communiqué officiel, les autorités maliennes de transition ont insisté sur leur « reprise en main de la défense et de la sécurité du Mali », leur alliance avec le Niger et le Burkina voisins au sein de l'AES, ou encore sur « le soutien apporté par certains pays aux terroristes opérant dans le Sahel ».

A noter qu’en février dernier, des officiers américains avaient rencontré des officiers maliens à Bamako. Mais la dernière visite d'une délégation américaine au Mali remontait à octobre 2022. À l'époque, la sous-secrétaire d'État américaine avait rencontré des officiels de la Minusma, la mission onusienne qui a depuis été chassée du pays. Victoria Nuland avait également salué les « efforts » des autorités de transition pour l'organisation des élections, qui ne sont désormais officiellement plus au programme. 

Si le conseiller de Donald Trump a rencontré les ministres maliens des Affaires étrangères et de la Sécurité, Rudy Atallah n'a toutefois pas rencontré le ministre de la Défense, le général Sadio Camara. 

Source : RFI